Flavie Flament est une animatrice célèbre de télévision et de radio française. Mais elle est aussi auteure de récits, notamment autobiographiques. À l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, elle est invitée sur le plateau d’Anne-Elisabeth Lemoine, dans 6 à la maison. En 2016, elle partageait déjà, dans La Consolation, avoir été victime d’abus dans l’adolescence. Dans son nouveau livre L’Étreinte, elle revient alors sur son traumatisme et invoque le droit des victimes de continuer à pleurer. Survivre à ce genre de violation de son intimité et oser en parler ne met pas un terme aux souffrances. Mais cela ne signifie pas que la vie est finie pour autant. Son témoignage est bouleversant.

Flavie Flament est éloquente sur la question des abus et les sentiments des victimes

Flavie Flament fait partie de ses femmes victimes qui osent reprendre leur droit à la parole. Pendant longtemps, être une victime était synonyme de honte et de silence. Avec les mouvements de libération de la parole des femmes et des victimes, la honte change de camp. Flavie Flament est favorable à ces combats et les trouve remarquables. Elle encourage évidemment les victimes à parler de leurs traumatismes pour se reconstruire. Mais elle souhaite également rappeler que la parole ne fait pas tout. Que ce n’est pas parce que le drame est entendu et reconnu qu’il n’en est pas moins un drame.

Dans son ouvrage L’Étreinte, c’est ce message qu’elle souhaite faire passer à ses lecteurs. Flavie Flament souhaite que les victimes puissent, après avoir pris la parole, publiquement ou non, rester maître de l’événement. En parler ne libère effectivement que la parole et si peu l’esprit. La gravité de tels actes ne s’estompent pas lorsque les victimes en parlent. Et elle souhaite revendiquer le droit des victimes “d’en pleurer toute leurs vies” si elles en ont envie.

La volonté de continuer de tourner le dos au silence

Le but pour Flavie Flament n’est pas d’alourdir les peines ou de tomber dans l’apitoiement. C’est simplement pour elle une façon de rester propriétaire de son histoire. Toutes les victimes ne passent pas par la reconstruction de la même manière. Et l’intrusion dans l’intimité peut être un fardeau lourd à porter toute sa vie durant. Cependant, Flavie Flament insiste aussi sur le fait que le bonheur, la joie et l’amour puissent réinvestir la vie des victimes malgré tout.

Encore une fois, la célèbre animatrice ne cherche pas à jeter du sel sur des plaies ouvertes. Elle est persuadée que le retour au silence est un fardeau bien plus lourd que tout. Ainsi, même après une libération de la parole chez les victimes, elles devraient avoir le droit de continuer d’être entendues selon elle. Pas question de retourner dans le silence, quitte à ce qu’elles décident de se plaindre ou de pleurer toujours. Pour les personnes victimes de ses attaques, même des années après les faits, elles sont confrontées à vivre des moments plus sombres de temps à autre. Ces moments doivent être acceptés et donc ne pas être dissimulés, au même titre que le traumatisme.